Mardi 06 Janvier , 2009
 

 


Le Théâtre de 10 Heures est né il y'a 47 ans déjà ... et ce jusqu'en 1978 ... 45 revues durant 14 ans ... 14 ans de souvenirs ... 14 ans de rires ... 14 ans de pleurs ... 14 ans de bonheur ... Le 13 Avril 1962 - Gaston, Pierre Dudul et Edmond créent le 1er théâtre socio-politique Libanais ... Ils présentent au Casino du Liban, leurs dernières représentations. Le 16Octobre 1986 et jusqu'à ce jour - Michel Chikhani reprend le flambeau du Théâtre de 10 Heures. Vous pourrez dorénavant vous remettre dans l'ambiance d'antan, et les jours heureux de la belle époque. Et tout cela à travers des photos, des textes, des bandes sonores, des publicités et des articles parus dans la presse écrite.

MICHEL CHIKHANI



Quand DIEU créa le monde, la terre et l'univers
Il voulut faire un lieu bien bien extraordinaire
Une mer, un climat, un soleil éclatant
Il fit si bien les choses qu'il créa le LIBAN

Mais quand il s'apercute un peu autour de lui
L'état de ses voisins l'Egypte et la Syrie,
j'ai été trop injiuste, dit-il, faut y remédier,
Et pour faire l'équilibre il crèa le Libanais.

Car l'étrange animal qui peuple ce pays
A tout temps fait partie d'une espéce bien à part.
Il a toujours vécu au gréde sa fantaisie
S'en foutant du tiers comme bien sur du quart.

Toutes les qualité et presque tous les défaults
Se trouvent réunis dans chaque concitioyen
Il va prêcher le vrai pour connaitre le faux
Et, pour faire des sous, Il use tous les moyens

Et tout cels remonte jusqu'aux Phoeniciens
Qui étaient je crois bien de droles de paroissiens
Sillonnant toutes les mers sur leurs petits cannots
Trompant tout en chacun, les menants en bateaux.

Mais à travers les siécles, les guerres et les conquêtes
Leurs héritiers ont su se forger une tête
Prenant par-ci par-là un trait du conquérant
Ils se firent un visage aux mélanges savants

Exaltés comme le Perse, têtu comme l'Ottoman
Combine mieux que l'Anglais, à la finesse du Franc
La sagesse du Grec et l'ardeur du Romain,
La grandeur de l'Arabe et le génie Phoenicien.

C'est un individu qui vit d'indépendance
Qui fait tout de travers, gagne moins qu'il ne dépense.
Dans la vie de chaque jour, au travail, en amour
Avance, recule et efface; puis fait le compte a rebours.

Quand il veut faire la cour à une fille qu'il aime.
Au milieu des caresses, des sourires, des poèmes,
A sa chère dulcinée, il dit"Je t'aime tant"!
Tant pour cent sur la dot que te donnent tes parents

Il suffir qu'un beau jour qu'une chose lui soit interdite
Pour qu'on le voit la faire malgré la loi prescripte:
Il brule les feux rouges, remonte les sens uniques,
Colle des affiches partout, manque d'esprit civique,
Pisse sur les troittoirs, crache dans la rue,
puis se plaint à l'Etat, à la Ligue, àl'Onu

Malgré tout ces défaults que je retrouve en moi
Moi je suis bien content d'être né Libanais;
Car je mange quand j'ai faim, je m'chauffe quand j'ai froid,
Je dis ce que je pense, je crie ma Liberté
Et tout mes petits défaults se réduisent à néant
Par ma seule qualité d'être né au Liban.

GASTON CHIKHANI 



La couverture du programme de la derniére revue des fondateurs du Théâtre de 10 Heures au Casino du LIBAN "Kan ya ma kan" au mois de Juin 1978.

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GASTON CHIKHANI

(1 Novembre 1924 - 21 Juillet 1983)

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LES LOUPS

C’était par une nuit comme on n’en connut pas depuis ... Depuis cent mille nuits.
Une nuit d’enfer,une nuit de sang,une nuit.                       Les chiens hurlent sur notre terre.
Ecoutez-les biens gens de cette terre.                             Sous son manteau de Bronze Vert, le Cedre tremble.
Nos hommes avaient perdu le goût                                De s’battre et se foutaient de tout
Si l’on tirait par pure bravade,                                       L’fusil c’était pour la parade
Le ciel était vide de mirages, d’alors                              Les loups, les loups étaient loin du pays                       
En Jordanie et en Syrie, les loups étaient loin du pays    Et l’insousiance menait la danse, les loups étaient loin du pays
Les loups qui n’avaient rien à perdre                            Pensaient au moins gagner les Cèdres
Les yeux brilliants de convoitise                                   Avec des mots de terre promise
Bavant d’une envie sanguinaire                                    Les loups cherchaient la bonne affaire
Les loups, les loups ont regardé vers ici                       De Jordanie et de Syrie, les loups ont r’gardé vers ici
Finie la danse et l’insousiance,                                     les loups regardent vers ici
Et v’là qu’aux portes de l’hiver                                   L’histoire sortit des faits divers
Et le crépit’ment des grenades                                    Atteint le top au hit-parade
Crachant la mort sur nos frontieres                             Les loups sortirent de leurs tanières
Les loups, les loups envahirent la Békaa                    Par Rachaya et Hasbaya, les loups envahirent la Békaa
Finie la danse et l’insouciance,                                  les loups envahirent la Békaa
Attires par l’odeur du sang                                       Il en vint des milles et cents
En entendant leurs hurlements                                  Les loups d’ici montrèrent leurs dents
Les canines aventureuses                                        La famine étant contagieuse
Les loups, les loups envahirent le pays                    Ils sont ici et bien ici, les loups envahirent le pays
Et puis ce fut le grand charnier                               Le fratricide sans quartier
La mort refusait du monde                                    Et la peur affichait complet
Pendant qu’celui qui n’a qu’un oeil                        Regarde s’entasser les cercueils

Les loups ou ou ou

Interprétation de Pierre GEDEON

Paroles de DUDUL

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