Quand DIEU créa le monde, la terre et l'univers Il voulut faire un lieu bien bien extraordinaire Une mer, un climat, un soleil éclatant Il fit si bien les choses qu'il créa le LIBAN
Mais quand il s'apercute un peu autour de lui L'état de ses voisins l'Egypte et la Syrie, j'ai été trop injiuste, dit-il, faut y remédier, Et pour faire l'équilibre il crèa le Libanais. Car l'étrange animal qui peuple ce pays A tout temps fait partie d'une espéce bien à part. Il a toujours vécu au gréde sa fantaisie S'en foutant du tiers comme bien sur du quart. Toutes les qualité et presque tous les défaults Se trouvent réunis dans chaque concitioyen Il va prêcher le vrai pour connaitre le faux Et, pour faire des sous, Il use tous les moyens Et tout cels remonte jusqu'aux Phoeniciens Qui étaient je crois bien de droles de paroissiens Sillonnant toutes les mers sur leurs petits cannots Trompant tout en chacun, les menants en bateaux. Mais à travers les siécles, les guerres et les conquêtes Leurs héritiers ont su se forger une tête Prenant par-ci par-là un trait du conquérant Ils se firent un visage aux mélanges savants Exaltés comme le Perse, têtu comme l'Ottoman Combine mieux que l'Anglais, à la finesse du Franc La sagesse du Grec et l'ardeur du Romain, La grandeur de l'Arabe et le génie Phoenicien. C'est un individu qui vit d'indépendance Qui fait tout de travers, gagne moins qu'il ne dépense. Dans la vie de chaque jour, au travail, en amour Avance, recule et efface; puis fait le compte a rebours. Quand il veut faire la cour à une fille qu'il aime. Au milieu des caresses, des sourires, des poèmes, A sa chère dulcinée, il dit"Je t'aime tant"! Tant pour cent sur la dot que te donnent tes parents Il suffir qu'un beau jour qu'une chose lui soit interdite Pour qu'on le voit la faire malgré la loi prescripte: Il brule les feux rouges, remonte les sens uniques, Colle des affiches partout, manque d'esprit civique, Pisse sur les troittoirs, crache dans la rue, puis se plaint à l'Etat, à la Ligue, àl'Onu Malgré tout ces défaults que je retrouve en moi Moi je suis bien content d'être né Libanais; Car je mange quand j'ai faim, je m'chauffe quand j'ai froid, Je dis ce que je pense, je crie ma Liberté Et tout mes petits défaults se réduisent à néant Par ma seule qualité d'être né au Liban. GASTON CHIKHANI |